Category: Livres,Romans et littérature,Livres de référence
Le Ravissement de Lol V. Stein (Folio t. 810) Details
L'histoire de Lol Valérie Stein commence au moment précis où les dernières venues franchissent la porte de la salle de bal du casino municipal de T. Beach. Elle se poursuit jusqu'à l'aurore qui trouve Lol V. Stein profondément changée. Une fois le bal terminé, la nuit finie, une fois rassurés les proches de Lol V. Stein sur son état, cette histoire s'éteint, sommeille, semblerait-il durant dix ans.Lol Stein se marie, quitte sa ville natale, S. Tahla, a des enfants, paraît confiante dans le déroulement de sa vie et se montre heureuse, gaie. Après la période de dix ans la séparant maintenant de la nuit du bal, Lol V. Stein revient habiter à S. Tahla où une situation est offerte à son mari. Elle y retrouve une amie d'enfance qu'elle avait oubliée, Tatiana Karl, celle qui tout au long de la nuit du bal de T. Beach était restée auprès d'elle, ce qu'elle avait également oublié. L'histoire de Lol V. Stein reprend alors pour durer quelques semaines.

Reviews
Durant ma quête Durassienne, ayant déjà lu Hiroshima, La vie tranquille, La douleur, Moderato, L'amant, je me devais tout naturellement lire le ravissement.Je le dis tout de suite, avec L'amant, c'est celui que j'ai préféré.J'avais quelque peu une petite appréhension à le lire, ayant lu des critiques insistant sur le fait qu'il s'agissait de son livre le plus ardu et le plus hermétique, le plus difficile aussi.Moi, je l'ai trouvé d'une beauté sans nom.Alors oui, il est difficile d'accès, l'écriture Durassienne dans cet ouvrage nous offre peu de répit !J'ai l'agréable impression que plus je la lis, mieux je l'apprécie et mieux je la comprends.Tant mieux.On retrouve bien la Duras du début, avec ses thèmes récurrents, la mer, les promenades, le crépuscule (Duras femme crépusculaire ?, d'un point de vue psychiatrique du terme), la danse, les villas du bord de mer, la bourgeoisie, les amants, et j'en passe.Tout cela m'a ramené à Moderato, avec le plus grand plaisir.Car, oui, j'ai eu beaucoup de plaisir à le lire, ce roman obscur et tourmenté, mais également magnifique et poétique. Car on peut véritablement parler de prose poétique s'agissant de ce roman.Incroyable et déroutant les répétitions, les changements de personnes, j'entends les personnes de conjugaison, on passe du "je" au "nous", et puis l'on parle de soi à la 3e personne...La relation du début de Lol et de Tatiana m'a fait penser à la relation d'amitié qu'entretient l'héroïne de L'amant, dans la pension, où elles dansent d'ailleurs également ensemble.J'ai même pressenti une relation quelque peu homosexuelle entre les deux femmes, car ce n'est pas anodin de voler à Tatiana son amant...Comme dans Moderato, on se cherche, on s'épie, on se cache derrière de grandes baies vitrées, on instaure une réception où Lol est absente, en-dehors d'elle, comme étrangère à elle-même...Ce roman aurait pu être le scénario d'un film, on voit bien que Duras est toujours friande de cinéma, avec des descriptions quasi cinématographiques, comme un décor, avec des "je vois ceci, je crois ceci, cris des enfants, j'invente, je me souviens...J'ai lu ce livre en dilettante, sans trop me poser de questions, me laissant flâner et me balader dans et entre les phrases menues de l'auteur, et c'est comme cela que je l'ai apprécié.Oui, j'ai aimé cette écriture difficile, quasi psychotique parfois, mais passionnante.Oui, j'ai aimé sa prose poétique, cette poésie un peu surréaliste, dont nous fait cadeau Duras. Car j'ai eu la sensation d'un cadeau.Elle sait si bien parler d'amour Marguerite.Probablement parce que sa vie a été celle d'une grande amoureuse, mais d'une telle générosité, qu'elle nous l'offre mine de rien, tout doucement, comme un présent.Je finis, mais j'ai omis de parler de l'intrigue.Mais quelle intrigue ? Quelles intrigues ? Elles sont plurielles, comme l'amour.Le vrai, le beau, l'unique.Le seul.


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