Category: Livres,Romans et littérature,Littérature française
Journal d'un amour perdu Details
« Maman est morte ce matin et c'est la première fois qu'elle me fait de la peine. » Pendant deux ans, Eric-Emmanuel Schmitt tente d'apprivoiser l'inacceptable : la disparition de la femme qui l'a mis au monde. Ces pages racontent son « devoir de bonheur » : une longue lutte, acharnée et difficile, contre le chagrin. Demeurer inconsolable trahirait sa mère, tant cette femme lumineuse et tendre lui a donné le goût de la vie, la passion des arts, le sens de l'humour, le culte de la joie.Ce texte explore le présent d'une détresse tout autant que le passé d'un bonheur, tandis que s'élabore la recomposition d'un homme mûr qui n'est plus « l'enfant de personne ». Éric-Emmanuel Schmitt atteint ici, comme dans La nuit de feu, à l'universel à force de vérité personnelle et intime dans le deuil d'un amour. Il parvient à transformer une expérience de la mort en une splendide leçon de vie.

Reviews
Le bleu c??est la couleur favorite d???ric-Emmanuel Schmitt. C??est la couleur des yeux de son père mais c??est surtout dans le nom que lui donne sa mère, « mon lapin bleu », que cette couleur a pris inconsciemment toute son importance. Déjà sa robe de baptême, que sa maman conservera jusqu??à sa mort, était bleue.Mais c??est à l??âme que le bleu l??emporte quand il apprend la mort de cette mère avec qui il a noué pendant plus de 50 ans des liens si particuliers ; « une histoire sans début qui prend fin désormais ». Ce livre contient des seaux de larmes même si « [l]es larmes ne font pas partir le chagrin ». Cette mort est un choc que l??auteur se doit de raconter avec des mots : « le silence entretient le traumatisme. L??individu ne dépasse le traumatisme que lorsqu??il le verbalise. »Ce choc aura été si fort que l??auteur verra son corps réagir avec des signes qu??il ne pourra pas occulter mais le chagrin le poussera également à envisager le suicide. « Si le suicide n??apporte pas la solution, l??idée du suicide offre une consolation provisoire aux humains. Soyons honnête : elle aide parfois à traverser une journée douloureuse ou une nuit exécrable. » Et Eric-Emmanuel Schmitt en connaîtra de ces journées douloureuses ou nuit exécrables même s??il ne se ménage pas en accumulant les tâches qu??ils s??infligent pour se prouver que la vie continue. Ainsi, il est intéressant de noter avec lui comment « les forces positives nourrissent [ses] livres au lieu d??alimenter [son] existence. »D??autres soucis, d??autres chagrins s??ajouteront à cette peine qui lui paraît incompressible. La famille et les animaux qui sont autant de supports dans ces circonstances apporteront à leur tour des moments d??inquiétudes ou de douleur.Mais la mort de cette mère adorée, idéalisée, permettra également à l??auteur de mettre un terme à ses questionnements relatifs à sa naissance mais surtout à une relation ambiguë avec son père décédé des années auparavant. A la défiance du père, le fils avait répondu par une méfiance. Pourtant, après une rencontre pour le moins inattendue avec un couple d??amis de son père et une relecture de ce que sa mère lui avait confié, il analyse avec un nouveau regard cette relation. « Après son départ, Maman m??offre donc un cadeau : elle me restitue un père, mon père, l??amour de mon père, l??amour pour mon père. Voilà qu??enfin je l??envisage plus tendrement que volontairement, ce père, car je le considère à travers les yeux de ma mère, pourtant fermés. »Ses parents se sont retrouvés dans la tombe, cette « étiquette que laisse sur terre les disparus », cette tombe qui ne représente ni le père, ni la mère mais « illustre l??amour de [ses] parents ».Inutile d??en dire plus pour vous donner envie de lire ce témoignage d??amour d??un fils pour sa mère et, à travers elle, pour son père.


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